...Pour vous dire que dans ce train qui me menait vers Paris où je ne devais pas apprendre une bonne nouvelle, j'ai soudain réalisé avec une impérieuse violence qu’il y a des émotions énormes, de celles qui vous font jaillir des yeux des larmes, lourdes, grasses, presque huileuses, longues à sourdre et lentes à rouler qu'il faut décrypter:
Lire des pages bien écrites, avec dans les oreilles les plus beaux flamencos !
Avoir vu s’entraîner puis toréer avec douceur, suavité, maestria, Pablo Hermoso de Mendoza !
Avoir vibré au toréo de Jose Tomas tout empreint de sobre élégance, de calme et de courage serein !
Avoir tremblé en assistant aux audaces de Medhi Savalli !
S’être interrogé sur la genèse des passes de Joselito Adame qui, si petit, si jeune, mais si talentueux, fait preuve d’une maestria d’ancien des cartels mais avec l’insolence d’une jeunesse qui semble si immature face aux monstres qui le toise de toute leur hauteur !
Tenté de comprendre la mécanique affective d’un cheval arabe qui va soudain tout mettre en œuvre pour apprendre vite et fort les ordres les plus discrets et les plus sophistiqués et vous faire ainsi le cadeau de son coeur!
Avoir senti gonfler son cœur, ses yeux, ses poumons aux couleurs des couchers de soleil les plus invraisemblables sur le petit paradis des Mezy, dit le Fiou, à quelques centaines de mètres de la Tour de Constance !
Regarder, vibrer, trembler, s’émouvoir, s’interroger, s’enthousiasmer, voilà ce que la Camargue et sa région m’apportent.
Vivre la vie, la garder, la préserver pour elle et...pour moi !
Oh Dieux du beau faites que cela dure encore longtemps, très longtemps...!
mardi 15 avril 2008
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