samedi 20 octobre 2007

banc d'oiseaux

pour vous dire que nous trottions tranquillement dans le soleil et dans le vent sur la digue qui longe le canal d’Aigues Mortes au Grau du Roi. Farouk et Otero étaient gais, tout heureux d’être enfin sortis de leur univers habituel. Le sentier doux aux pieds, nos compagnes, deux jeunes femmes charmantes même si, l’une était un peu bavarde et « blaguait » sans arrêt.

Soudain sur notre droite, peut–être à cent mètres en avant de nous, s’élève de la vigne aux couleurs d’automne un crécerelle, petit, puissant, coloré. Il monte vite presque sans battre des ailes face au mistral qui le soulève. Il monte avec une détermination qui interpelle comme s’il était en route pour un rendez-vous impératif. Puis sous lui, décolle des mêmes vignes, une nuée immense d’étourneaux.

Immense, énorme, comme un nuage, comme un banc d’alevins que l’on voit dans les films sous-marins. C’est d’ailleurs le même mouvement que le banc de poissons avec son ressac, ses changements brusques de direction, ses hésitations puis ses départs irrépressibles. Très vite nous comprenons l’enjeu. Le crécerelle voit son dîner assuré et en surplombant le vol d’étourneaux il va pouvoir choisir sa proie et fondre dessus, sa vitesse étant sa supériorité. Mais le banc d’étourneaux voit la menace et alors dessinant dans le ciel des formes d’animaux effrayants qui n’existent pas, il va tournoyer en faisant face, en se dirigeant vers le faucon qui s’élève plus haut pour échapper au monstre. Le vol énorme s’étire à son tour en montant vers le ciel pour rester à la hauteur du prédateur. Le ballet est tout simplement inouï. Qui pourrait dessiner la mouvante masse que fait ce vol en défense ? Le simulacre de combat dure encore quelques secondes et puis l’on voit se fondre dans le ciel le petit crécerelle qui, à tire d’aile fuit le monstre ou les monstres inconnus qui se sont matérialisés sous nos yeux écarquillés.


Le sol est doux aux pieds des chevaux, nos compagnes, deux jeunes femmes charmantes même si l’une … s’est tue, la promenade continue dans le vent qui tempère l’ardeur du soleil. Nous avons un peu faim…comme le crécerelle

1 commentaire:

catherine a dit…

Quel plaisir de pouvoir s'échapper un instant de son travail pour aller faire un tour en Camargue, y suivre des événements dont on n'a pas idée ici, partager - grâce à toi - la beauté de paysages très singuliers! Merci, Fred, pour ce journal de Camargue! Au fait: est-ce que les hollandais n'y sont pas intervenus avec leur science des polders à un moment de l'histoire? C'est le cas pour le marais poitevin, je crois. Mais la Camargue?