MARDI 27 JANVIER 2009
pour vous dire que ce matin j'ai reçu un coup de téléphone comme je les redoute. Notre amie Nenou qui vient de rentrer de l'hôpital après une vilaine fracture de la jambe, appelait pour me prévenir que sa fille l'avait avertie que notre cheval Farouk, le petit arabe d'Isabelle était sorti du pré et s'était blessé à cause de son licol.
Tout en m'habillant à toute vitesse pour me rendre sur place, je soliloquais. Oui je soliloque volontiers et ainsi je n'ai pas de contradicteur. Je me disais donc en moi-même que ce ne devait pas être Farouk car je ne laisse jamais les licols à mes chevaux au pré.
En sortant de la maison pour aller chercher la voiture je suis saisi par une délicate odeur de printemps. Le ciel est déjà bleu, le soleil encore bas mais puissant, le sol toujours détrempé mais cela sent le printemps! Déjà? Fin Janvier? Oh si seulement après ces semaines de froidure puis de pluie cela pouvait être vrai...Il y a peu de chance mais en profiter ne serait-ce que quelques jours le temps de nous regonfler le moral.
En arrivant au pré mon coeur se serre, les chevaux sont bien dans le pré mais Rahil est devant la clôture avec une horrible blessure sur le chanfrein. Je m'approche, ouf! Ce n'est pas Rahil même s'il lui ressemble beaucoup. Nous faisons avec Isabelle deux ou trois tentatives pour l'attraper mais il fuit, en vrai Camargue! Arrivent dans une voiture ses propriétaires. Le cheval fuit tout autant et les voila parti pour une course poursuite sur les chemins autour du Mas, à travers les champs que l'on prépare pour les asperges et l’ancienne plantation d'orge pour stabiliser les sols pendant l'hiver. Nous voyons au loin des voitures qui s'arrêtent. En descendent des gens qui, à leur tour, viennent prêter main forte pour attraper ce poulain de 18 mois manifestement croisé d'arabe compte tenu de sa taille et de son port de queue. Tout le monde court, manœuvre aussi finement que possible et finalement c'est le cheval qui prendra de lui même et fièrement la queue haut levée le chemin de son mas.
Décidément ce matin, il y a un quelque chose de printanier dans l'air.

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