LUNDI 27 AVRIL 2009
Pour vous dire que pendant cette récente féria d'Arles nous avons été à trois corridas. La première avec des Miura tous plus de 600kg, fidèles à leur réputation. Seul le jeune Julien Lescarret s'en est bien sorti en faisant des faenas brillantes face à des toros qui n'autorisent pas vraiment les expressions artistiques. Je ne parlerai pas de Padilla ni de Rafaelillio qui ont fait massacrer, par peur, leur toros par les picadors. Une honte!
Puis nous avons vu une corrida de rejon, à cheval. La presse taurine qui décidément en connaît de moins en moins s'évertue à vouloir faire de Diego Ventura le successeur de Pablo Hermoso de Mendoza. Pour essayer de faire du suspens elle en a écrit des kilogs.
Alors parlons des rejoneadors de cette journée. En entrée de jeux est arrivé Fermin Bohorques qui avait certes l'avantage de toréer les taureaux de son élevage. Mais que de grâce, que de suavité dans sa faena que de temple dans les passes élégantes qu'il a su mener de bout en bout. Un moment de pur régal ou jamais la peur ne l'a emporté sur l'art. Jamais son cheval n'a été touché par le taureau et les deux oreilles sont bien insuffisantes pour récompenser ce gentilhomme des arènes.
Ensuite est arrivé l'incomparable Pablo Hermoso de Mendoza. A part un peu de précipitation dans ses faenas, tout a été superbe! L'homme est incontournable et sa maîtrise tant de ses chevaux que des toros montrent aux aspirants la route qu'ils ont à faire pour égaler le maître.
Puis s'est présenté Diego Ventura. Une cavalerie exceptionnelle, des chevaux vraiment superbes mais que de conneries ne nous a-t-il pas infligé! Plusieurs fois son cheval a été touché par les toros, sa précipitation ressemblait à un brouillon de corrida et cerise sur le gateau il a, à deux reprises posé son chapeau entre les cornes du toro.
Président d'arène, je l'aurai immédiatement expulsé. Que de mépris pour le public qu'il prend pour une assemblée de crétins et la suite vous prouvera qu'il n'a pas tord, que de mépris pour le toro, que de bouffonneries dévalorisant l'art de la tauromachie équestre! Ce que les espagnols appellent un "payaso", un clown.
Eh bien il a eu deux fois les deux oreilles mais pour le dernier toro il a eu en plus la queue. Jamais de ma vie je n'ai été aussi frustré de ne pas avoir de voix pour pouvoir crier mon indignation. Payaso, payaso, payaso!
Enfin nous avons assisté à une corrida qui a été sauvée par Medhi Savalli. Ferrera n'a qu'une qualité c'est de savoir très bien mettre à mort ainsi que le Cid. Pour Medhi il a été excellent, imaginatif, et joyeux. Ses faenas sont puissantes et montrent sa parfaite connaissance des toros. Je prétends qu'il sait avant le toro que celui-ci va charger. Il donne à son art une sorte de gaieté qui transfigure cette tragédie. Le public, cette fois, ne s'y est pas trompé et il a terminé avec les deux oreilles parfaitement justifiées et une sortie en triomphe qui nous a fait autant plaisir à lui qu'à nous.
Il s'en passe des choses en Camargue....

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